La Grèce va acheter des moteurs d’hélicoptères à l’Égypte

La situation critique du flotteur de Chinook en Grèce

La flotte d’hélicoptères de transport lourd CH-47 Chinook de la Grèce est actuellement confrontée à une crise profonde qui menace sa capacité opérationnelle. Avec l’usure progressive des appareils, la difficulté d’approvisionnement en pièces détachées et l’augmentation constante des coûts de maintenance, la pérennité de cette composante essentielle de la défense hellénique est remise en question. La dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers et la vétusté de certains moteurs ont accentué ce problème, blessant l’état-major grec à rechercher des solutions immédiates et à long terme pour maintenir cette flotte vitale à flot.

Moins d’entretien des Chinook grecs

Les hélicoptères CH-47DG, exploités depuis le site de Megara, utilisent principalement des moteurs T55-L-712 datant de plusieurs décennies. Avec l’âge, ces moteurs et autres composants critiques deviennent difficiles à entretenir, entraînant des coûts exorbitants. La disponibilité des pièces détachées limitées, en particulier pour ce modèle ancien, force souvent à utiliser à des canibalisations, une pratique qui constitue une solution temporaire mais déstabilise le reste de la flotte en fonction de sa fiabilité à long terme. *

Ce qui complique encore cette situation, c’est que l’entretien régulier et les inspections périodiques (notamment celles liées au seuil des 200 heures de vol pour les opérations de maintenance lourdes) deviennent de plus en plus coûteux. De plus, la vétusté des composants limite la disponibilité opérationnelle des hélicoptères, qui restent souvent immobilisés longtemps en raison de la difficulté à obtenir des pièces spécifiques ou à effectuer des réparations majeures. La situation devient critique lorsqu’il faut garantir leur disponibilité en cas de crise ou de déploiement rapide dans la région.

Alternatives et stratégies pour la modernisation

Face à ces enjeux, la Grèce explore différentes pistes pour assurer la pérennité de sa flotte Chinook. Une option envisagée est l’acquisition de versions plus récentes ou remises à neuf, telles que le modèle CH-47F. Ce modèle, déjà déployé dans d’autres forces aériennes, offre une significativité en termes de fiabilité, de capacité et de coûts d’entretien. La modernisation pourrait également inclure une mise à niveau des systèmes électroniques et moteurs, permettant une meilleure endurance opérationnelle et une réduction des coûts à long terme.

Une autre voie envisagée est le partenariat avec des fabricants pour garantir une fourniture continue et fiable de pièces détachées, éventuellement couplée à la mise en place d’un centre local de réparation et de maintenance. Cela permet de réduire le délai de réparation et les coûts, tout en assurant une disponibilité accrue des hélicoptères essentiels à la stratégie militaire grecque.

Propositions de la coopération internationale

Une option stratégique pour la Grèce consiste également à renforcer ses liens avec les États-Unis, qui produisent et exploitent déjà le modèle CH-47F. Il existe des discussions pour un achat direct de nouveaux hélicoptères ou la modernisation progressive de la flotte existante, une démarche qui pourrait inclure des prêts ou des contrats de maintenance à long terme. La participation des partenaires étrangers est particulièrement cruciale pour pallier aux défauts de production ou de disponibilité des pièces, tout en maintenant une haute capacité de projection dans la région.

Les États-Unis, de leur côté, voient cette coopération comme une opportunité stratégique pour renforcer leur présence en Méditerranée orientale, en utilisant la base de la Grèce comme point d’appui pour augmenter leur influence dans la région.

Le marché de la modernisation et des nouvelles acquisitions

Selon des sources non officielles, l’offre du constructeur américain Boeing pourrait inclure une vague de nouveaux hélicoptères CH-47F, permettant à la Grèce de remplacer une partie de sa flotte ou de la moderniser. Le contrat envisagé pourrait atteindre environ 3 milliards d’euros pour une douzaine d’appareils, incluant également des services de maintenance et de formation. Cela représente un investissement massif, mais essentiel pour garantir une capacité de transport et de soutien logistique performant face aux défis géopolitiques dans la région.

Parallèlement, la Grèce étudie également la possibilité de réaffecter ses fonds pour l’achat d’hélicoptères UH-60M Black Hawk, ainsi que de renforcer ses capacités d’assemblage local et de maintenance pour réduire la dépendance étrangère.

Les implications géopolitiques dans la région

La modernisation de la flotte d’hélicoptères lourds n’est pas seulement une décision technique ou économique, mais si une étape stratégique dans l’affirmation de la souveraineté grecque. En renforçant ses capacités en matière de mobilité et de soutien logistique, Athènes veut affirmer sa position face aux rivalités régionales autour de l’Egée, de la Turquie et dans la sphère méditerranéenne.

Ce contexte géopolitique complexe pousse également la Grèce à chercher des alliances solides pour garantir la longévité de ses équipements militaires. La collaboration avec les États-Unis et éventuellement d’autres partenaires européens apparaît comme une stratégie indispensable pour faire face aux menaces et assurer une défense moderne et efficace.

RayHaber 🇬🇧

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